Sucre, la ville blanche

Après Uyuni et Potosi c’est un véritable bonheur d’arriver à Sucre! Ici le climat est doux et agréable, le centre ville avec ses batisses coloniales au murs blancs et sa large place principale respire la douceur de vivre.

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Située à 2 700m avec une population de 25 000 habitants, Sucre a plusieurs fois changé de nom à travers l’histoire et fut pendant quelques temps la capitale de la Bolivie. Elle reste aujourd’hui la capitale constitutionnelle du pays et abrite le siège de la cour suprême. Aujourd’hui une part importante des revenus de la ville provient des touristes qui viennent visiter cette agréable cité classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO.

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Sucre a une réplique miniature de la tour Effeil dans un de ses parcs. Forcément en tant que parisien je n’ai pas échappé à la photo!

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Alors que peut-on y faire? On peut flâner dans le centre et visiter ses monuments églises et musées, grimper au mirador de Recoletta et siroter un verre au petit café qui domine la ville, aller se régaler les yeux et les papilles au marché central (les salades et jus de fruits préparés à la minute sont à tomber par terre!) ou au gigantesque mercado campesino…

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Et en sortant de la ville il y a aussi de quoi faire. Quelques villages sympas aux alentours dont Tarabuco qui abrite un marché artisanal tous les dimanches. On trouve aussi un bon nombre de voix d’escalade et la possibilité de faire du parapentes dans des gorges avoisinantes.

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J’en ai d’ailleurs profité pour faire mon premier vol en parapente (youhouuuuuu!!!) et ma première falaise en escalade (youhouuuuuuuuuuuuu!!!!!!!)

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Il est également possible de visiter le parc crétacé situé à quelques kilomètres de la ville. La principale attraction est un gigantesque mur (le plus grand au monde) sur lequel on peut observer des centaines d’empreintes de dinosaures. Le mur en question a été mis à jour par hasard par les ouvriers de la cimenterie avoisinante en 1994. Seul point noir: suite à des effondrements l’accès au mur a été restreint et on le voit à une centaine de mètre de distance. On se rattrape avec les reproductions de dinosaures en plastique grandeur nature un peu kitsch!blog_P1020502

Mais les empreintes de dinosaures il est possible d’en voir de plus près, de très près même! Pour ca il faut partir marcher dans les montagnes environnantes et plus précisément dans la Cordilliera de Los Frailes, qui certes n’est pas aussi impressionnantes que ses grandes soeurs mais reste cependant magnifique!

C’est un lieu idéal pour faire quelques treks et aller marcher entre les villages Jalq’a, connus pour leurs tissages traditionnels en rouge et noir (j’exilerai ma peur…). Et justement j’en avais entendu parler de ces treks et je suis aller me renseigner pour en faire un. Ce que je n’avais pas prévu c’est que j’allais tomber sur Condor Trekkers et rester au final 1 mois entier à Sucre!

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Exemple de tapisserie Jalq’a. Les motifs imbriqués qui donnent un aspect chaotique, les formes animales, l’utilisation exclusive du rouge et noir sont charactéristique de leur artisanat.

Et comme j’ai plein de choses à vous raconter je vais le faire dans le prochain article! Prochain article donc, les treks dans la Cordilliera de Los Frailes et Condor Trekkers!

“Ca vaut un Potosi!”

Ou en espagnol “Vale un Potosi” (oui parce que certains se plaignent de ne pas comprendre mes références en espagnol alors je fais un effort! Rire) signifie ici: ca vaut une fortune. C’est bien entendu des mines d’argents qui ont fait la fortune de la ville de Potosi à une certaine époque (au prix de la vie de milliers d’indigènes…) que l’on doit cette expression.

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Si une des principales attractions reste le tour des mines du Cerro Rico (dont je vous parlerais un peu plus tard), la ville en elle même mérite que l’on s’y attarde. Le centre ville a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et on y dénombre plus de 80 églises. Parmi les lieux sympa que j’ai visité la casa de la moneda, ancien lieu de production des pièces de monnaie comme son nom l’indique, converti en un très intéressant musée.

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Une intéressante représentation du couronnement de la vierge dont le corps est ici le “Cerro Rico” – Casa de la Moneda

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Pour ceux qui chercheraient un peu de chaleur pour se remettre des nuits frigorifiques (ah oui je ne vous ai pas dit, la ville est situé à plus de 4000m d’altitude donc forcément …. il fait très froid la nuit! Encore une fois!) il y a un petit lac thermal situé en bordure de la ville. Prenez un petit combi et en 30 minutes vous pouvez faire trempette dans une eau à 35°C!

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Et enfin pour ceux qui ne craignent pas de s’enfoncer dans les entrailles de la terre il y a les tours des mines. Côté sécurité, tous les guides mettent en garde: c’est plus que précaire et on dit que le Cerro Rico est tellement percé de galeries qu’il pourrait s’effondrer à tout moment! Sans compter le danger du aux explosions des autres groupes de mineurs, les gaz toxiques, les passages étroits … tout un programme! Côté moralité de la chose c’est à chacun de se faire son avis, on peut voir ca comme du voyeurisme mal placé pour touriste en mal de sensations fortes mais c’est aussi une façon de comprendre le dur métier des mineurs et leurs conditions de travail.

J’ai voulu en savoir plus et j’ai donc enfilé mes bottes, casque, et lampe frontale.

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Hey Ho, Hey Ho ….

La visite de la mine se fait avec des guides qui sont eux-même des mineurs ou anciens mineurs, et une partie des fonds collectés est normalement reversé aux coopératives de mineurs (vérifiez la réputation de votre agence, apparemment certaines ont assez peu de scrupules et ne reverse pas vraiment d’argent aux mineurs).

Toutes les visitent commencent par le marché des mineurs. En fait ce que l’on appelle marché ici est une rue où sont regroupés les magasins vendant le matériel destiné aux mineurs. Pourquoi? Et bien parce que chacun va acheter des cadeaux à donner aux mineur lors de la visite (en supplément du prix de la visite cela va de soit!). Alors qu’offre-t-on aux mineurs? Des fleurs c’est très surfait et elle ne feraient probablement pas long feu dans la mine! On achète donc de la dynamite et des détonateurs (le guide nous a d’ailleurs fait une instructive et rassurante démonstration du fait que “même si on le passe dans une flamme le bâton de dynamite n’explose pas” ….), des feuilles de coca, et de l’alcool à 96°.

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“De l’alcool à 96°? C’est pour désinfecter les plaies quand ils se blessent?” Si tu as pensé ca je suis au regret de t’annoncer que tu es un peu naïf! Ca sert éventuellement à se désinfecter l’estomac (d’après le guide c’est un excellent remède pour soigner un bon rhume!) car c’est ce que boivent les mineurs (pur ou mélangé à du jus de fruit). Quel gout ca a? C’est très très fort! (oui nous avons eu droit à une ”dégustation” avant d’entrer dans la mine …. à 9h du matin ….)

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Avant d’entrer dans la mine nous somme passé par une usine de traitement du minerai. Ces usines seraient responsable d’une très forte pollution des cours d’eau aux alentours. Théoriquement les eaux usées sont sensées être gardées et retraités … mais bon il est bien plus simple et moins couteux de payer quelques billets aux agents de l’état en charge des contrôles puis de déverser des hectolitres de produits hautement toxiques dans les rivières au détriment de la santé des habitants bien évidemment…

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Après un dernier arrêt pour apprécier la vue sur la ville de Potosi en contrebas c’est parti pour la descente. Pendant plusieurs heures on marche, on se faufile, on rampe dans des passages étroits, on descend par des échelles parfois précaires.

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C’est très joli vu comme ca mais c’est en fait de l’arsenic (due aux explosifs)! Pour des raisons évidentes je me suis abstenu d’y toucher!

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Au delà de l’exploration des mines l’intérêt réside dans la rencontre avec les mineurs. Nous avons pu nous rendre compte des conditions de travail qu’ils subissent au quotidien: des charges lourdes à porter toute la journée, l’exposition aux poussières et aux gaz toxiques, le risque d’ensevelissement permanent. Tous ou presque se sont un jour retrouvés bloqués par un éboulement, et tous ont perdu des amis ou des proches dans la mine. L’espérance de vie d’un mineur dépasse ici rarement les 40 ans.

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Passage obligé de toute visite des mines: une des statues de “El Tio de la mina”. Dans la mine les boliviens vénèrent la Pachamama (terre mère) et el Tio. El Tio c’est le diable, c’est selon les croyances lui qui prend les âmes des mineurs et c’est aussi lui qui leur permet de découvrir les filons de minerais. Le nom “tio” ne vient pas du mot espagnol (pour ceux qui ne parlent toujours pas espagnol depuis mon dernier article “tio” veut dire “oncle” en espagnol, et si votre oncle ressemble à ca arrêtez la drogue de toute urgence), mais de la déformation du mot “Dio” c’est à dire “Dieu”. Car le “Tio” est une invention …. espagnole! C’est en quelque sorte le père fouettard inventé par les conquistadors pour effrayer les esclaves indigènes travaillant dans les mines et les faire travailler plus vite! Les indigènes l’ont connu sous le nom de “Dio” mais n’arrivant pas à prononcer le “d” le mot a été déformé en “Tio”. Depuis la croyance perdure et on trouve de nombreuses statues à son effigie auxquelles des offrandes sont faites régulièrement (alcool, feuilles de coca, cigarettes …). Celui que nous avons pu voir a été érigé par le doyen de la coopérative à la suite de la découverte d’un filon d’argent.

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Alors est-ce que cela vaut le coup d’être visité? Personnellement je pense que oui. On se doute que la vie de mineur en Bolivie est loin d’être rose mais une visite des mines permet réellement de mesurer à quel point. Par ailleurs dans la visite que j’ai effectué nous avons a plusieurs reprises nous arrêter avec des groupes de mineurs. Est-ce éprouvant physiquement? Dangereux? Eprouvant pas franchement si vous êtes en bonne santé et que vous n’êtes pas claustrophobe. La poussière inhalée en permanence est il cependant un peu pénible. Dangereux, oui probablement du fait de la précarité des tunnels et des risques d’effondrement.