Carretera Austral 5, Villa Santa Lucia–Coyhaique (23/02-05/03)

Que de chemin parcouru depuis la dernière note! La dernière fois que je vous donnais des nouvelles, il y a une dizaine de jours environ, nous en étions à un peu moins de 300km parcourus. Aujourd’hui, nous avons effectués un total de 663km! Soit plus de la moitié de notre parcours sur la Carretera Austral!

Nous sommes arrivés à Coyhaique où nous faisons une halte de quelques jours pour reposer aussi bien les cyclistes que leurs montures. Et l’un comme l’autre en ont besoin! Mon vélo tient pas mal le choc mais je dois changer la chaine, changer les pneus qui sont maintenant complètement lisses (on commence même à voir les fibres de l’intérieur) et mon porte-bagage avant tient à grand renfort de gros scotch!

Alors oui, ca passe de mieux en mieux et on se surprend à passer des obstacles qui nous auraient paru insurmontables au début du voyage mais ca fait toujours bien mal et on morfle! Tout pourrait se résumer en une simple phrase qui m’est venu lors de notre dernière étape après 1h30 de montée bien raide sous un soleil de plomb: “C’est vraiment un sport de cons!!!”. Mais bon nous sommes têtus alors nous continuons!

Allez, trêve de blabla sur nos états d’âme et nos muscles endoloris, passons au récit de ces derniers jours!

Après Villa Santa Lucia, là où je vous avais laissé la dernière fois, nous avons fait route vers La Junta. Ca a plutôt bien commencé vu que 3km après le village ma chaine a cassé! Coup de chance un couple de cyclistes anglais passait par là et m’on donné un coup de main pour réparer ca. Ils sont partis d’Anchorage et pédalent depuis 8 mois! Rien que ca!

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Quelques km plus loin c’est le dérailleur qui faisait des siennes: plus moyen de changer de plateau. On a tout démonté, fait plein de réglages …. rien à faire. Un peu plus loin j’ai tenté de mettre un coup de dégrippant et découvert un petit caillou qui bloquait le dérailleur! Tout de suite ca marchait mieux!

La fin était interminable! Des montées, des montées, des montées, tout ca sur du ripio (de la piste) jusqu’à la tombée de la nuit, il faut dire qu’on était pas non plus partis tôt (un jour je vous parlerais de l’organisation de nos journées) donc pour le coup nous sommes arrivés à plus de 22h, en terminant à la lampe frontale. Une expérience que je qualifierais de pas top, voir limite dangereuse! Bref on évitera de le refaire si possible mais pour le coup nous avons aligné 73km en une journée! Je vous laisse imaginer dans quel état nous étions!

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Et d’ailleurs le lendemain j’étais encore complètement à plat. Nous n’avons fait qu’une trentaine de km avant de trouver un camping en bordure du lac Risopatrón.

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Nous avons ensuite continué en direction du parc national Queulat et nous avons passé une journée sur place pour aller voir le glacier suspendu. Magnifique! Du camping on pouvait parfois entendre les craquement de la glace et il y avait un petit sentier de 3,3km qui menait à un mirador. On a aussi pu entendre des bestioles au cri improbable à quelques mètres du campement qui nous ont réveillé vers 4h du matin (on a appris plus tard qu’il s’agissait de renards)! Tiens d’ailleurs en parlant des campings ceux que nous avons trouvé jusque là sont tops, surtout ceux tenus par la CONAF. La plupart du temps il y a un petit abri donc même pas besoin de planter les tentes, on tend juste une bâche et on dort dessous. Et comme il y a souvent de quoi faire un feu on a pu se faire quelques bbq! Le bonheur après une journée de vélo (quand on a pensé a prendre de la viande…)!

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Le jour suivant aucun soucis particulier: 10km sympas, 10km de faux plat… et 580m de monté sur 10km! A notre plus grand étonnement la montée est plutôt bien passée! Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était facile (très très loin de là!) mais nous avons pu gravir la côte sans trop nous arrêter et sans avoir à pousser les vélos. Comparé à la côte dont je parlais dans la note précédente il y a de gros gros progrès même si la pente était moins raide. 10km de descente et nous retrouvions la route pavée (et ce au moins jusqu’à Cerro Castillo, soit 100km après Coyhaique). Quelques dizaines de kms et nous avons trouvé une petite cabane pas chère (15 000 pesos, alors que la plupart demandent 40 000 pesos voir le double) pour passer la nuit et récupérer des 65km de la journée. Il n’y avait pas d’électricité mais un chaleureux poêle à bois. En plus de ca, la propriétaire faisait du pain et des kuchens (oui oui on dit kuchens pour les gâteaux au Chili!). Une super trouvaille! (juste après le Rio Cisne pour ceux que ca intéresserait)

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Nous avons continué sur une petite étape pour nous arrêter au bord de la Laguna de las Torres, en face d’un glacier. Puis nous avons fait route vers la petite ville de Villa Mañihuales.

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Dernière étape avant Coyhaique, Villa los Torreones. Nous avons fait une halte chez Nacho, un espagnol installé ici depuis 12 ans. Il a tout construit lui même et avec sa femme il tient un petit camping, fait de l’agriculture biologique, vend une confiture et du pain maison à tomber par terre. Il se fait aussi un plaisir de vous parler de la région, de la faune et la flore de la Patagonie, de jouer de la guitare le soir autour du feu, d’expliquer ses techniques d’agriculture biologique, de vous parler du maté et de la culture patagone… Nous, on a tellement aimé que nous sommes restés une journée de plus. Nacho en a profité pour nous emmener faire un tour de vélo et nous parler de l’écosystème local. Si vous faites la route australe arrêtez vous chez lui, en arrivant depuis le nord il faut prendre à droite au grand panneau “camping” et ensuite suivre le ripio sur 800m.

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Deux cyclotouristes américains faisaient aussi étape au même endroit, ainsi qu’un couple d’allemands qui eux avaient tout vendu pour partir voyager en camping-car.

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La dernière journée de pédalage a été bien rude avec une très grosse montée de 400m et une belle côte juste avant d’arriver à Coyhaique. Après la première grosse montée nous nous sommes arrêtés dans un bus aménagé en petit resto/snack pour avaler un completo (hot-dog à la chilienne avec de l’avocat et de la tomate) et des sopaipillas. Enfin, une fois arrivés, nous avons trouvé un hôtel pour quelques jours, et surtout un restaurant pour avaler un énorme steak de 500g et déguster une bonne bouteille de vin chilien!

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Le départ vers la prochaine étape est prévu pour le 8/03 avec un petit crochet par Balmaceda. D’après les infos que nous avons eu nous devrions entrer dans une partie plus sauvage de la route australe (jusque là nous avons pu passer toutes les nuits sauf une en camping ou dans un hébergement et nous avons croisé au minimum des petits villages pratiquement tous les jours, sur la suite nous devrions avoir quelques étapes de plusieurs jours sans rien croiser) et nous diriger vers les deux grands champs de glace de la Patagonie (on nous a indiqué quelques treks sympa à faire pour aller voir les glaciers).

Pour ceux qui veulent voir le trajet parcouru je n’ai pas encore mis à jour ma carte mais Philippe a créé une carte de notre parcours qu’il met à jour quand nous avons Internet. Allez voir ca ici! http://goo.gl/maps/SpNrw

4 thoughts on “Carretera Austral 5, Villa Santa Lucia–Coyhaique (23/02-05/03)

  1. Le plan-parcours de ton ami Philippe (AbSoLuT-ZcC) me permet de vous suivre et de savoir où vous vous trouvez sur cette longue … longue Carretera !! Comme d’habitude tes photos sont superbes ! Bonne route !!

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